Comment aborder aujourd’hui le risque inflationniste ? 


Vues sur les marchés24.06.2024

Chaque mois, LBP AM décrypte l’actualité du marché en vidéo. Aujourd'hui, Xavier Chapard, stratégiste chez LBP AM, aborde la question du risque inflationniste dans notre rendez-vous "Vu(es) sur les marchés".  


​​​​​​Nous avons traversé une période de choc inflationniste sans précédent, marquée par une inflation qui a dépassé 10% en Europe en 2022. Cet événement a été particulièrement surprenant, car les risques étaient principalement déflationnistes durant les années 2010. En 2023, l'inflation a significativement diminué, suscitant l'espoir chez certains que la situation était maîtrisée. Cependant, depuis le début de l'année, le ralentissement de l'inflation s'est considérablement atténué et elle demeure à des niveaux préoccupants. Quelle sera l'incidence de cette persistance de l'inflation sur les banques centrales et les actifs ? 

Des aléas des années 2020-2022 à nos jours

La période 2020-2022 a été marquée par une série de malchances économiques : d'abord, la pandémie de Covid-19 qui a entraîné une forte augmentation des prix de l'alimentation et des biens industriels, habituellement stables depuis les années 2000. Ensuite, la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, qui a provoqué une inflation énergétique encore plus élevée que lors du deuxième choc pétrolier de 1979. Heureusement, ces deux chocs se sont normalisés relativement rapidement à partir de mi-2022. 
 

Aujourd'hui, nous pensons que le risque de voir une inflation durablement très élevée est relativement limité. Toutefois, si la désinflation semble derrière nous, et la normalisation de l'inflation domestique devrait prendre plus du temps. 

Et demain ?

Pour les prochains trimestres, nous anticipons une poursuite de la désinflation, mais elle sera lente et non dépourvue de risques. Les moteurs domestiques de l'inflation, comme le ralentissement des salaires et les anticipations d'inflation bien ancrées, nous permettent de prévoir un retour vers 2% d'inflation en zone euro courant 2025. Aux États-Unis, ce processus pourrait être un peu plus long, mais la cible de la Fed devrait être atteinte d'ici 2 à 3 ans. 

Sur le long terme, nous pensons que l'inflation devrait se stabiliser légèrement au-dessus des cibles, oscillant autour de 2-2,5% plutôt que les 1,5-2% observés avant la pandémie. Cela s'explique par des évolutions structurelles et politiques qui sont plutôt inflationnistes, telles que le protectionnisme, le populisme, les politiques budgétaires accommodantes et la transition énergétique.  

Quel impact sur notre stratégie d'allocation d'actifs ?

À court terme, nous anticipons des baisses de taux prudentes de la part des banques centrales et surpondérons les obligations publiques et privées de qualité, qui offrent un rendement intéressant et une diversification par rapport au risque actions. Pour les actions, nous recommandons une sélection rigoureuse, favorisant les entreprises capables de maintenir leurs marges. 

À plus long terme, avec des taux des banques centrales restant plus élevés en moyenne, les actifs de rendement comme les obligations retrouveront une place importante dans la construction des portefeuilles. Ces portefeuilles devront être bien diversifiés, incluant des actifs réels tels que les actions, les matières premières et l'infrastructure, qui offrent une protection en cas de nouveau choc inflationniste. 


Les opinions exprimées (i) sont considérées comme fiables par LBP AM et fondées ou justifiées en fonction du contexte économique, financier, boursier et réglementaire et (ii) sont fournies uniquement à titre d’information.


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