Géopolitique, énergie et marchés : naviguer entre espoir de reprise et incertitudes persistantes

Vu(es) sur les marchés09.07.2026

Vidéo tournée le 6 juillet 2026.

Le choc énergétique lié au conflit américano-iranien semblait s'atténuer avec la réouverture du détroit d'Ormuz. Mais la reprise des frappes dans la région rebat les cartes.

Dans ce contexte fragile, nous livrons notre lecture des perspectives économiques et nos convictions d'investissement pour les mois à venir.

Un environnement économique plus favorable ?

Les perspectives pour l’économie mondiale semblent s’améliorer nettement pour les trimestres à venir. Notre scénario faisait déjà cette hypothèse il y a un peu plus d’un mois. Toutefois, on constate que le recul du prix du pétrole, que nous anticipions, s’opère bien plus rapidement que prévu. Depuis une semaine, le prix du baril de Brent se situe en moyenne en dessous de 73 dollars, contre un pic de 120 dollars en avril. Le prix du gaz, lui, recule un peu moins vite. 

Ce "contre-choc" pétrolier devrait venir corriger le choc de pouvoir d'achat des mois précédents. En outre, un arrêt des hostilités devrait contribuer à faire rebondir la confiance et permettre les économies, notamment en Europe, qui avait plus souffert que d'autres régions du monde. Ce rebond devrait être plus faible aux États-Unis, car l'économie américaine avait mieux résisté.

Cet effet positif des coûts énergétiques viendra renforcer les vents toujours porteurs des plans de stimulation publics, en Allemagne ou aux États-Unis, ainsi que des investissements dans le domaine de l'Intelligence artificielle.

Une baisse plus rapide des prix de l'énergie devrait aider à faire décélérer l'inflation de manière marquée. Cette baisse devrait être plus rapide en Europe qu'aux États-Unis d’après nous.

Dans ce contexte, nous continuons à penser que les banques centrales ne devraient pas surréagir à la poussée de l’inflation que nous avons eu pendant quelques mois. Nous pensons que la BCE devrait garder ses taux inchangés jusqu’à la fin de l’année. En revanche, la Fed devrait monter ses taux en fin d’année afin d’accélérer la convergence de l’inflation vers sa cible de 2 %.

Quelles conséquences pour les choix d’investissement ?

La reprise graduelle de l’activité que nous projetons devrait être favorable à la prise de risque, en soutenant notamment les secteurs les plus corrélés au cycle économique.

Concernant les obligations souveraines, nous avons déjà assisté à un fort recul des rendements à long terme à la suite de la baisse des prix de l’énergie. Cela nous conduit à maintenir une sous-pondération sur ce segment. En revanche, nous voyons encore un potentiel de baisse des taux sur les maturités les plus courtes, les anticipations de relèvement des taux directeurs nous semblant toujours trop agressives sur le marché.

Dans cette optique, nous conservons une sous-pondération des obligations souveraines.

Nous maintenons également une position neutre sur le crédit européen, les primes de risque restant très comprimées. Néanmoins, nous continuons de capter le portage offert par cette classe d’actifs. Par ailleurs, nous rééquilibrons notre exposition entre le crédit de qualité (Investment Grade) et le High Yield. En effet, l’amélioration des perspectives économiques, combinée à un ralentissement attendu des émissions, devrait soutenir le segment du High Yield. Nous demeurons toutefois très sélectifs.

Nous passons surpondérés sur les actions. Cette classe d’actifs devrait naturellement être la principale bénéficiaire de l’amélioration de la conjoncture, en particulier les secteurs les plus sensibles au cycle économique. Cela pourrait contribuer à réduire la concentration des performances observée ces derniers mois, dominée par les valeurs liées au développement de l’intelligence artificielle, notamment les semi-conducteurs.

D’un point de vue régional, nous privilégions les États-Unis, portés par leur secteur technologique, mais également l’Europe, qui devrait profiter du rebond économique, ainsi que la Chine, dont les valorisations nous semblent attractives.

Au total, la réouverture du détroit d’Ormuz ferait souffler un vent d’optimisme sur la conjoncture mondiale et devrait soutenir les marchés dans les mois à venir.

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