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Les vents contraires s’accumulent sur l’économie mondiale depuis cet été avec l’enlisement de la situation en Iran qui prolonge le choc énergétique, le resserrement des politiques monétaires et la forte hausse des taux longs, ainsi que l’accumulation des risques politiques…
Les marchés peuvent-ils encore résister à l’accumulation de ces facteurs de risque ? Réponse avec Xavier Chapard, Stratégiste chez LBP AM, dans notre rendez-vous « Vu(es) sur les marchés ».
Les vents contraires s’accumulent sur l’économie mondiale depuis cet été avec l’enlisement de la situation en Iran qui prolonge le choc énergétique, le resserrement des politiques monétaires et la forte hausse des taux longs, ainsi que l’accumulation des risques politiques…
Pourtant, la croissance et les résultats des entreprises continuent de surprendre à la hausse et restent très solides.
Cela soutient l’appétit pour le risque sur les marchés, qui reste élevé même si certains actifs commencent à souffrir un peu depuis la rentrée. Le crédit et les actions européennes ont baissé en septembre, mais les actions mondiales sont proches de leur plus haut historique de l’été.
Dans notre scénario central, les prix de l’énergie commenceraient à refluer vers la fin de l’année grâce à une reprise graduelle des flux énergétiques via Ormuz, probablement après les élections de mi-mandat aux Etats-Unis.
En effet, la pression économique augmente sur le président américain avec la hausse du prix des produits raffinés, alors que l’Iran a un besoin vital d’exporter son pétrole via Ormuz, ce qui n’est plus possible avec le blocus américain.
Dans ce scénario, les banques centrales n’auraient pas à remonter fortement leurs taux directeurs, même si nous attendons encore quelques hausses d’ici le début de l’année prochaine.
Cela dit, nous sommes forcés de repousser au fil du temps notre anticipation de réouverture d’Ormuz. Or, plus le choc énergétique dure, plus l’impact stagflationiste sur l’économie mondiale est important. Si les tensions réescaladent au Moyen-Orient et que l’énergie est durablement encore plus chère, les banques centrales pourraient resserrer bien plus fortement leur taux, ce qui renforcerait le risque d’atterrissage brutal de l’économie courant 2027. Le risque de ce scénario, très négatif pour les marchés, a reculé par rapport au 1er semestre mais reste significatif selon nous, avec une probabilité autour de 20%.
Dans notre scénario central, la croissance resterait solide jusqu’à la fin de l’année grâce à la forte dynamique de l’économie cet été, à la poursuite du boom d’investissement dans l’IA et la défense et aux soutiens budgétaires encore importants, notamment en Chine, au Japon et en Allemagne.
La croissance ralentirait toutefois un peu l'année prochaine, à cause de l'effet retardé du resserrement monétaire, des hausses de taux et des prix énergétiques encore élevés. Et la politique budgétaire devient moins favorable en dehors de l'Asie.
L’inflation augmenterait encore jusqu’à la fin de l’année, dépassant 4% en Europe. Mais elle baisserait par la suite grâce au reflux de l’inflation énergétique. D’autant que la diffusion des prix énergétiques aux prix domestiques et aux salaires reste contenue. L’inflation reviendrait enfin vers les cibles en zone euro et aux États-Unis d’ici début 2028.
Les banques centrales seraient un peu plus restrictives à court terme, pour renforcer leur crédibilité anti-inflationniste, mais de façon prudente à cause de l’impact négatif sur l’économie qui n’est pas en surchauffe. La BCE et la Fed augmenteraient une fois leurs taux en décembre et probablement une dernière fois début 2027.
Notre scénario reste constructif sur les actions à moyen terme. La stagnation des marchés depuis l’été et la forte hausse des profits réalisés par les entreprises a permis un ajustement des valorisations, qui n’apparaissent plus si élevées. Or, notre scénario réduit mais ne remet pas en cause les perspectives haussières de profits.
Cela dit, pour les prochaines semaines, nous restons plutôt prudents. L’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis et des discussions budgétaires en Europe pourrait mettre l’accent sur les craintes politiques au moment où la saisonnalité n’est pas favorable aux actions. Et la saison de publication des résultats du 3ème trimestre pourrait être un peu moins positive que les dernières, vu que les attentes de profits ont été revues fortement à la hausse.
Dans ces conditions, nous réduisons notre surpondération sur les actions à court terme, sans passé défensif. Nous sommes diversifiés en termes de géographie avec une surpondération sur les actions chinoises, qui sont peu chères et pourraient bénéficier d’un soutien un peu plus important des autorités jusqu’à la fin de l’année.
Côté obligataire, nous sommes surpondérés sur les obligations, en particulier en Europe et sur les parties courtes.
La forte hausse des taux d’intérêts cet été, qui sont à des plus hauts depuis des décennies pour les taux longs, nous semble suffisante pour offrir un portage intéressant.
L’environnement structurellement plus inflationniste depuis le Covid et plus gourmand en investissement justifie des taux durablement plus élevés. Mais il nous semble que les marchés intègrent suffisamment ces facteurs. D’autant que la croissance potentielle reste limitée et que les risques inflationnistes sont bien contrôlés par les banques centrales, ce qui limite la soutenabilité de taux beaucoup plus élevés.
Et le marché intègre encore 100pb de hausses de taux de la BCE et de la Fed d’ici un an, ce qui nous semble excessif.
Sur le crédit d’entreprise, nous continuons de bénéficier du portage sur les obligations d’entreprise de qualité, dont les fondamentaux devraient bien résister à une hausse de taux limitée et à un ralentissement contenu de la toile de fond macro l’année prochaine.
Les opinions exprimées (i) sont considérées comme fiables par LBP AM et fondées ou justifiées en fonction du contexte économique, financier, boursier et réglementaire et (ii) sont fournies uniquement à titre d’information.