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Il n’aura fallu que peu de temps pour que le conflit armé entre les États-Unis et l’Iran reprenne. Après n’avoir été rouvert que quelques jours, le détroit d’Ormuz est à nouveau fermé. Par ailleurs, les hostilités se sont étendues aux alliés houthis de l’Iran, qui perturbent partiellement la circulation dans le détroit de Bab el-Mandeb, un passage stratégique pour une partie des exportations de pétrole saoudien.
Dans ce contexte, les prix de l’énergie ont fortement rebondi. Après avoir atteint un point bas début juillet, autour de 72 dollars le baril de Brent, le pétrole a dépassé les 90 dollars aux alentours du 23 juillet. La hausse du gaz a été encore plus prononcée. Depuis lors, le prix du pétrole s’est toutefois replié, tout en restant à un niveau élevé.
Cette modération des cours repose toujours sur l’hypothèse selon laquelle les deux parties devront, à terme, trouver une issue au conflit, dont le coût apparaît difficilement soutenable, tant sur le plan économique que politique.
Cependant, la nouvelle poussée des prix de l’énergie, particulièrement du gaz en Europe, ainsi que l’incertitude liée à la fragilité de tout accord éventuel, devraient peser sur les perspectives économiques à court terme.
Nous maintenons néanmoins notre scénario central, selon lequel la réouverture du détroit d’Ormuz demeure l’issue la plus probable à court terme. Celle-ci permettrait un retour progressif à une reprise de l’activité, soutenue par le recul des coûts énergétiques, la poursuite des mesures de soutien budgétaire dans plusieurs pays (Allemagne, États-Unis, Japon), ainsi que par la dynamique d’investissement dans les secteurs de l’intelligence artificielle (IA) et de la défense.
Parallèlement, ce nouveau choc énergétique pourrait alimenter des tensions inflationnistes plus durables et accroître le risque de diffusion aux autres composantes des prix. Les premières estimations de l’inflation de juillet en zone euro se sont toutefois révélées plutôt rassurantes quant à l’apparition d’effets de second tour. Aux États-Unis, il faudra attendre les prochaines publications pour confirmer cette tendance, dans un contexte où l’inflation demeure plus persistante qu’en Europe et ralentit sa convergence vers l’objectif de 2 %.
Dans cet environnement, les banques centrales devraient rester vigilantes afin d’éviter tout emballement des pressions inflationnistes. Nous anticipons une nouvelle hausse des taux directeurs de la BCE. Concernant la Réserve fédérale américaine (Fed), notre scénario est légèrement plus restrictif, avec deux relèvements supplémentaires d’ici début 2027. Cette projection reflète en partie la volonté de K. Warsh d’accélérer le retour de l’inflation vers sa cible de 2 %. À ce stade, nous écartons toutefois le risque d’une surréaction des banques centrales.
Malgré ces incertitudes, notre scénario de référence demeure constructif pour les actifs risqués, d’autant qu’il devrait contribuer à atténuer les tensions observées sur les taux souverains.
Nous estimons en effet que la récente hausse des rendements souverains apparaît excessive. Nous anticipons un recul des primes de terme, soutenu notamment par des banques centrales qui pourraient se montrer moins restrictives que ce que les marchés intègrent actuellement. Dans ce contexte, nous renforçons notre exposition aux dettes souveraines.
Sur le crédit européen, nous conservons une position neutre. La résilience de cette classe d’actifs continue en effet de compenser des niveaux de valorisation qui demeurent exigeants.
Enfin, nous ramenons notre position sur les actions à neutre dans notre allocation globale. Si cette classe d’actifs conserve, selon nous, un potentiel d’appréciation soutenu par des perspectives bénéficiaires favorables et des valorisations redevenues plus attractives, nous adoptons une approche plus prudente dans un environnement où la volatilité devrait rester élevée. Notre préférence demeure orientée vers le marché américain, la Chine et les marchés émergents, notamment dans le secteur technologique, tandis que notre positionnement sur l’Europe est légèrement plus mesuré.
Après la fête nationale américaine, les hostilités ont repris entre les États-Unis et l'Iran, conduisant à plus de morosité. Pour autant, la bonne période de publication des résultats des entreprises américaines et européennes a soutenu les marchés actions. La hausse des prix de l'énergie a cependant ravivé la pression à la hausse des taux d'États.
Les niveaux de taux atteints offrent des opportunités d'achat, et nous redevenons positifs sur les obligations d'états, notamment européens. Nous conservons une neutralité bienveillante sur les obligations de crédit, notamment les mieux notées.
Sur les marchés actions, l'aspect microéconomique a donc permis de sauver les meubles dans le contexte géopolitique actuel. Sur la base de l'hypothèse d'une sortie du conflit, nous conservons des anticipations raisonnablement positives sur cet actif, mais son couple rendement/risque relativement aux autres classes d'actifs nous amène à dégrader à la neutralité son allocation.
