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Malgré la hausse des prix de l'énergie et la remontée des taux d'intérêt, l'économie mondiale continue de faire preuve de résilience. Dans ce nouveau numéro de Vu(es) sur les marchés, Sebastian Paris Horvitz, Directeur de la Recherche chez LBP AM, revient sur les principaux événements de l'été et partage ses convictions pour les mois à venir.
L'été n'a pas apporté l'apaisement attendu sur le front géopolitique. Le conflit entre les États-Unis et l'Iran s'est installé dans la durée, sans véritable perspective de résolution, alimentant une nouvelle hausse des prix de l'énergie.
Dans le même temps, les taux d'intérêt à long terme ont fortement progressé, atteignant leurs plus hauts niveaux depuis près de vingt ans aux États-Unis comme en Europe. Cette évolution reflète à la fois les tensions inflationnistes liées à l'énergie et les interrogations persistantes sur les orientations futures des politiques monétaires et budgétaires.
Hausse des coûts énergétiques et conditions de financement plus restrictives constituent naturellement des risques pour l'activité économique. Pour autant, ces facteurs ne remettent pas en cause, à ce stade, notre scénario central d'une croissance mondiale toujours positive, bien qu'un peu plus modérée qu'anticipé précédemment
La dynamique économique s'est même renforcée au cours de l'été. La croissance continue d'être soutenue par les dépenses publiques, notamment aux États-Unis et en Allemagne.
Ces investissements se concentrent principalement sur deux thématiques majeures : le développement de l'intelligence artificielle et le renforcement des capacités de défense. Ces soutiens publics contribuent à maintenir un niveau d'activité solide malgré un environnement économique plus contraint.
Dans ce contexte, nous considérons que les actifs risqués peuvent encore bénéficier d'un environnement porteur. Néanmoins, les nombreuses incertitudes qui entourent la conjoncture actuelle justifient une certaine prudence à court terme.
Nous anticipons encore deux hausses de taux directeurs de la part de la BCE et de la Réserve fédérale américaine au cours des prochains trimestres. Ce scénario étant largement intégré par les marchés, les obligations souveraines de maturités courtes et intermédiaires nous paraissent aujourd'hui attractives, à la fois comme source de rendement et comme outil de diversification.
En revanche, nous restons plus prudents sur les maturités longues, qui nécessitent selon nous une gestion particulièrement agile.
Sur le crédit européen, nous renforçons notre exposition. Malgré des niveaux de primes historiquement faibles, les obligations d'entreprises continuent d'offrir un portage intéressant. Nous conservons une préférence marquée pour les émetteurs de qualité Investment Grade et restons très sélectifs sur le segment High Yield, en privilégiant les échéances courtes. D'un point de vue sectoriel, les banques demeurent parmi nos secteurs favoris.
Actions : davantage de prudence sur les marchés occidentaux
Sur les marchés actions, nous adoptons une position plus mesurée. Le positionnement des investisseurs nous paraît relativement optimiste, ce qui pourrait accroître la sensibilité des marchés en cas de déception.
Nous estimons également que la progression des bénéfices des entreprises pourrait être un peu moins dynamique qu'attendu. Dans ce contexte, nous réduisons nos perspectives sur les marchés américains et européens.
À l'inverse, nous maintenons notre exposition à la Chine. Les valorisations y restent attractives et les entreprises continuent de démontrer leur capacité à exporter. Nous anticipons également de nouvelles mesures de soutien ciblées de la part des autorités chinoises dans les prochains mois.
Enfin, nous assouplissons notre vision négative sur le Japon. La correction observée depuis l'été nous semble avoir déjà intégré une grande partie du resserrement monétaire plus rapide que nous anticipons de la part de la Banque du Japon.
Les opinions exprimées (i) sont considérées comme fiables par LBP AM et fondées ou justifiées en fonction du contexte économique, financier, boursier et réglementaire et (ii) sont fournies uniquement à titre d’information.