Croissance : une résilience remarquable, malgré les chocs

Lettre Stratégie & Investissement09.09.2026
Stratégie & Investissement - Sept 2026

La reprise des tensions entre l’Iran et les États-Unis, malgré l’accord conclu en juin, a compromis les espoirs d’une résolution rapide des perturbations sur les marchés énergétiques, entraînant une nouvelle hausse des prix de l’énergie. Le scénario le plus probable nous semble désormais celui d’un conflit prolongé, mais sans aggravation majeure, se traduisant par des prix de l’énergie durablement élevés, sans toutefois provoquer de nouveau choc significatif. 

Dans malgré ce contexte, l’économie mondiale fait preuve d’une résilience remarquable, soutenue par des politiques budgétaires accommodantes, le rebond cyclique de l’industrie après une année 2025 difficile et, surtout, par un cycle d’investissement historique dans l’intelligence artificielle, la défense et les infrastructures. Ces facteurs, qui ont permis à la croissance mondiale de se maintenir au-dessus de 3 % au premier semestre, devraient continuer à soutenir l’activité au cours des prochains trimestres. La croissance devrait ainsi rester solide d’ici la fin de l’année avant de connaître une légère accélération l’an prochain, notamment en Europe. 

La contrepartie de cette résilience de l’activité face à la hausse des coûts de l’énergie est une inflation qui devrait rester nettement supérieure aux objectifs des banques centrales pendant encore plusieurs mois et ne commencer à ralentir qu’au printemps prochain. Notons toutefois que l’inflation sous-jacente n’accélère pas, contrairement à ce qui avait été observé en 2021-2022, ce qui suggère que le risque d’une inflation durablement élevée demeure contenu. Nous anticipons ainsi une poursuite de la hausse de l’inflation en zone euro jusqu’au début de 2027, avant un retour progressif vers 2 % d’ici la fin de l’année prochaine. 

Dans ce contexte plus inflationniste à court terme, les banques centrales ont adopté un discours plus restrictif au cours de l’été, ce qui suggère de nouvelles hausses de taux directeurs dans les prochains mois. La BCE n’en a pas fini avec son ajustement monétaire, après sa première hausse de taux en juin, et nous en prévoyons une supplémentaire, qui pourraient atteindre 2,75 % d’ici à la fin de l’année.  

Du côté de la Fed, K. Warsh a clarifié son discours flou de juillet lors de la conférence de Jackson Hole fin août. Il a précisé que la Fed « devrait agir » si l’inflation ne converge pas suffisamment rapidement vers la cible de 2 %, en montant ses taux, au risque de déplaire à l’administration. Une prise de position cohérente avec notre scénario qui prévoit deux hausses de taux d’ici début 2027, ce qui nous semble nécessaire pour rassurer les marchés sur l’engagement anti-inflationniste de la Fed.   

Pour les marchés financiers, à court terme, une inflation plus persistante, des taux d’intérêt plus élevés, des tensions géopolitiques ainsi que les échéances électorales risquent d’accroître la volatilité. D’autant que la saisonnalité n’est pas favorable aux actions et aux obligations longues. Toutefois, l’absence de choc inflationniste ou monétaire majeur devrait permettre la poursuite de la croissance des bénéfices des entreprises à moyen terme. Avec des valorisations moyennes, le contexte reste porteur pour les marchés à moyen terme. 

Nous réduisons donc tactiquement notre exposition aux actions et privilégions les actifs de portage qui offrent désormais des rendements attractifs pour les prochaines semaines.  

Sur les marchés obligataires, les taux très longs pourraient encore souffrir des risques inflationnistes, du volume croissant de refinancement des États et des incertitudes politiques. Nous privilégions donc les obligations à maturité courte ou intermédiaire, ainsi que les obligations indexées sur l’inflation, des deux côtés de l’Atlantique. Nous demeurons par ailleurs sélectifs à l’égard des dettes souveraines européennes. 

Nous continuons également d’apprécier le crédit d’entreprise et la dette émergente, dont les primes restent historiquement basses, mais offrent un portage attractif face à des risques limités. 

Synthèse des vues 3 mois de la gestion par classe d’actifs

Les marchés actions ont fait preuve d’une remarquable résilience depuis le début de l’année, soutenus par la solidité de l’activité économique mondiale et la bonne santé financière des entreprises (profits, bilans…). Ces fondamentaux devraient continuer à soutenir les marchés actions à moyen terme.

À court terme, toutefois, la prolongation du conflit au-delà des attentes, l’approche des échéances électorales, la persistance des tensions inflationnistes et géopolitiques ainsi que la perspective de nouvelles hausses de taux directeurs de la part des banques centrales devraient favoriser un regain de volatilité. 
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Dans ce contexte, nous prenons tactiquement nos bénéfices sur nos positions actions pour aller vers des actifs de portage : taux souverains, inflation, crédit IG et dette émergente. La forte remontée récente des taux permet de trouver des niveaux de rendement assez attractifs

Vues LBP AM à 3 mois

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