Comment la guerre en Iran affecte-t-elle les perspectives économiques et financières ?​​​​​​​

Vu(es) sur les marchés13.03.2026


La guerre en Iran constitue un tournant qui vient percuter de plein fouet une dynamique économique et financière jusqu’ici bien orientée depuis le début de l’année. Xavier Charpard, stratégiste chez LBP AM, revient sur ce choc historique dans notre nouvelle vidéo « Vu(es) sur les marchés ».

L’envolée des prix de l’énergie plus de 50 % sur le pétrole et le gaz – et le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux, créent un choc inédit, sans précédent dans l’histoire contemporaine. Dans ce contexte, une question centrale domine : « Quel scénario pour l’avenir ? »

Un risque négatif qui progresse​​​​​​​

Le scénario d’un environnement plus dégradé gagne en probabilité. Si la perturbation du détroit d’Ormuz s’installe dans la durée, le choc énergétique pourrait se renforcer et surtout se prolonger plusieurs mois.
Un tel contexte aurait un impact stagflationniste majeur :

  • Europe et Asie : risque de récession dès le milieu d’année.
  • États-Unis : fort ralentissement économique, amplifié par une inflation persistante et des marges de manœuvre budgétaires limitées.

À ce stade, ce scénario défavorable est estimé à environ 25 %.

Un scénario central plus constructif 

Malgré les incertitudes, le scénario jugé le plus probable à moyen terme reste positif. Plusieurs facteurs politiques et économiques plaident pour une normalisation progressive :

Côté américain

  • Pression politique croissante pour limiter l’escalade et raccourcir le conflit.
  • Faible soutien de la population américaine à une guerre prolongée, en particulier parmi les électeurs du président.
  • La hausse du prix de l’essence devient un enjeu crucial à l’approche des élections de mi mandat.
  • La Maison-Blanche pourrait chercher à stabiliser la situation avant la visite de Trump en Chine, prévue fin mars/début avril.

Côté iranien et régional

  • L’Iran dépend fortement des revenus pétroliers, eux-mêmes tributaires du trafic via Ormuz.
  • La Chine, partenaire énergétique clé de Téhéran, a tout intérêt à une stabilisation rapide.

C’est pourquoi nous pensons que les tensions seront encore marquées dans les prochaines semaines, mais un reflux probable au printemps. Cela permettrait une normalisation de l’incertitude et des prix de l’énergie avant l’été.

Quel impact économique dans ce scénario central ?


Dans l’hypothèse où les tensions se résorbent progressivement :

Croissance mondiale

  •  Légèrement plus faible, mais la résilience globale ne serait pas remise en cause.
  • Inflation modérément plus élevée, mais de manière transitoire.

Zone euro

  • Croissance stable au premier semestre, mais qui devrait rester au-dessus de 1 % en 2026.
  • Inflation un peu supérieure à 2 % cette année, avant un retour sous la cible l’an prochain.

Politiques monétaires

  • Attentisme des banques centrales tant que la durée du choc reste incertaine.
  • A horizon plus lointain : 

o    BCE : taux stables.
o    Fed : une dernière baisse de taux possible cet été.

Perspectives marchés

Actions : prudence à court terme, potentiel à moyen terme

À très court terme, la volatilité et la prudence dominent.
La baisse récente des marchés reflète davantage une réduction des positions prises depuis janvier qu’un effondrement de l’appétit pour le risque.
Mais à moyen terme, le ton est plus optimiste :

  • Les valorisations sont redevenues plus raisonnables après le recul de fin février.
  • Dans le scénario central, une reprise de la croissance des profits est attendue, créant un potentiel de performance attractif.

Obligations publiques : un point d’entrée intéressant

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Les obligations souveraines présentent déjà des points d’intérêt, surtout en Europe :

  • La hausse récente des taux intègre les risques inflationnistes et l’idée de hausses futures de la BCE.
  • Dans le scénario central, le reflux des prix de l’énergie et des taux directeurs stables devraient réduire la pression sur les taux courts.
  • Si le choc énergétique devait s’intensifier temporairement, les taux longs pourraient davantage refléter le risque de ralentissement économique que celui d’inflation.

Une prudence demeure toutefois sur les maturités très longues, compte tenu de la dégradation des perspectives budgétaires.


Les opinions exprimées (i) sont considérées comme fiables par LBP AM et fondées ou justifiées en fonction du contexte économique, financier, boursier et réglementaire et (ii) sont fournies uniquement à titre d’information.

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